Dans le cadre du renforcement des compétences managériales de ses membres, la Confédération patronale gabonaise (CPG) a récemment signé une convention avec le Centre de recherches et d’études des chefs d’entreprises (CRC). De ce partenariat est né le HEC executive de Libreville, qui a tenu sa première conférence le 4 novembre courant à Libreville. Cette première rencontre, d’une série de six, portait sur le thème : «Le principal risque de l’entreprise ? L’entrepreneur qui la dirige !»«Nous avons traité du risque entrepreneurial et du risque que font courir les entrepreneurs eux-mêmes à leurs entreprises, sans même parfois s’en apercevoir. Non pas des risques techniques, mais ceux liés à l’homme ou la femme entrepreneur, en situation d’entreprise», a expliqué le conférencier. «Si l’on y réfléchit bien, l’on pourrait même affirmer que l’entrepreneur représente 97% des risques d’une entreprise. Bien évidemment, il y a des risques techniques qui tournent autour, mais sur lesquels il est possible d’apporter des solutions en ayant recours à un avocat, un fiscaliste, un expert comptable (…) contrairement aux risques liés à l’homme même, où c’est bien plus compliqué», a-t-il ajouté.

En haut : Jean Bernard Boumah face à la presse, le 4 novembre à Libreville. © Gabonreview

En haut : Jean Bernard Boumah face à la presse, le 4 novembre à Libreville. © Gabonreview

Stéphane Dégonde a suggéré aux managers de prendre un temps de réflexion, afin de prévenir les risques.«Réfléchir bien évidemment à son contexte mais également aux dangers qu’il ou elle peut faire courir à l’entreprise. Comme je le dis très souvent : un entrepreneur en situation d’entreprendre multiplie très souvent les micro-fragilités sans même s’en apercevoir», a-t-il fait savoir, relevant que l’accumulation des micro-fragilités est dangereuse.«Au bout du compte, il se crée des conditions de macro-danger, qui représente au final un danger pour l’entreprise», a-t-il tranché.

De nombreux responsables d’entreprises, visiblement ravis, ont pris part à cette conférence. «Ce séminaire extraordinaire, qui aborde les thématiques de l’entreprenariat, pourrait se définir comme un miroir qui montre que les causes des échecs en entreprise, parfois recherchées en externe, peuvent provenir de l’entrepreneur lui-même», a indiqué le directeur de la communication d’Airtel Gabon. S’il n’existe pas de solution miracle du fait de la multiplicité des environnements et secteurs d’activité, il n’empêche que des fondamentaux peuvent être dégagés. «L’ensemble des conseils et parcours que nous partageons aujourd’hui, (…) à travers les expériences des autres, (doivent permettre d’) éviter de tomber dans les mêmes pièges», a d’ailleurs soutenu Charles Boukinda.

Le président par intérim de la CPG, pour sa part, est revenu sur l’intérêt de la convention signée avec le CRC. «C’est un réseau d’échange, de partage d’expériences et de remise en question», a affirmé Jean Bernard Boumah. «C’est de l’information, de la remise en question de soi-même. Et le chef d’entreprise aujourd’hui, doit être au fait des mutations dans le monde. Nous avons des intervenants de qualité, qui nous apportent une expérience qui est partagée entre nous. Personnellement, en dépit de ma très longue expérience, je sors de là très enrichi», a-t-il souligné, précisant que ce cycle de conférences animées par des enseignants de HEC-Paris, se déroulera au Gabon et en France. Il a, par ailleurs, précisé que le HEC executive de Libreville n’appartient pas aux chefs d’entreprises mais à tous les entrepreneurs désireux d’intégrer ce cercle de partage d’expériences.